Samedi 17 Auo

L'histoire du shotokan

ORIGINES DU KARATÉ SHOTOKAN

funakoshi

En 1920, FUNAKOSHI GICHIN se rend en Chine pour étudier la boxe chinoise puis se rend dans l'île d'Okinawa ou il découvre une méthode de combat particulière : l'Okinawa Te.

A son retour au Japon, il perfectionne cette méthode de combat sans arme et l'appelle "Karaté", qui signifie "art de vivre avec la main vide", vide de toute arme et par extension vide de toute intention belliqueuse.

Il crée sa propre école et l'appelle Shotokan ("shoto" = longue vie, "kan" = pin), lui souhaitant ainsi longue vie et grandeur. C'est cependant à son fils YOSHITAKA que l'on doit les coups de pied les plus spectaculaires du Karaté.

Sa philosophie

 

Gichin Funakoshi, le « père du karaté moderne » aurait dit que « l'objectif ultime du karaté ne se résume pas aux mots « victoire » et « défaite », mais consiste plutôt en le polissage du caractère des pratiquants ». L'approche de O'Sensei Funakoshi met en exergue les valeurs spirituelles et la finesse mentale au détriment de toute forme de brutalité, que celle-ci relève de la force physique ou de la technique. Il ne tardait jamais à mettre en garde prétentieux et autres vaniteux, qui assoiffés de gloire, participaient à de spectaculaires démonstrations. « Ils jouent dans les branches et le feuillage d'un arbre sans avoir la moindre idée de ce que recèle le tronc ».

Aux yeux de Funakoshi, la pratique du karaté visait aussi bien la maîtrise de l'art lui-même que la maîtrise de notre propre esprit. C'est ainsi que, dans Karate-dô Kyôhan, il écrit : « La valeur de l'art dépend de celui qui l'utilise. S'il est utilisé pour une cause juste, alors sa valeur est grande, par contre, s'il en est fait un mauvais usage, alors il n'est pas d'art plus nuisible et malfaisant que le karaté ». Les arts martiaux ne sauraient être réduits à de simples techniques, ruses et stratégies dont l'unique dessein serait d'apporter la victoire en combat.

Dans la conception de Funakoshi maîtrise et agilité techniques s'affadissent bien plus vite au regard des vertus bien plus essentielles que sont le polissage du cœur et du caractère. Il encourageait les pratiquants à chercher les aspects cachés et fondamentaux de l'art.

Son fils successeur (Yoshitaka Funakoshi)

yoshitaka

 
Funakoshi eut trois fils et une fille. Le plus jeune, Yoshitaka s'était installé au Japon avec son père, alors que sa mère et les autres enfants sont toujours restés à Okinawa. Après l’ouverture du Shōtōkan en 1936, Gigo (Yoshitaka) devint son premier assistant. Funakoshi père était alors appelé le vieux Maître, et Gigo le jeune Maître. Ils avaient une vision très différente de l’entraînement. Funakoshi père basera principalement son enseignement sur la pratique exclusive des katas, et de ses applications, le bunkai, il s’opposera toujours au combat libre et à toute forme compétitive. Son fils préférait la compétition et voulait un Karate avec un esprit semblable à celui qu’on trouvait en Kendō ou en Ju-dō. Avec du recul, on peut supposer que Funakoshi père enseigna en privé à son fils la partie guerrière du Shuri-te d'Azato et de Matsumura. Le style de Gigo était très proche de celle trouvée dans le style de sabre Jigen-ryu pratiqué par Matsumura et Azato.

 

La puissance physique de Yoshitaka était exceptionnelle. Des anecdotes racontent qu'il cassait souvent en deux les makiwaras. Son style très personnel est celui que plusieurs karatékas adopteront plus tard. Voici d'ailleurs un autre témoignage de Kase Taiji au sujet sa première rencontre avec Yoshitaka; C'était en 1944. Les classes pour débutants étaient généralement données par le Sensei Hironishi. Mais un jour, un autre Sensei donna la classe, je ne le connaissais pas et ne savais pas qui il était et quand j'ai demandé on m'a dit qu'il s'agissait de Waka Sensei (le jeune Sensei), le fils de Funakoshi Gichin. Pendant cette classe, Yoshitaka nous a enseigné comment faire Mae-Geri lentement et sans baisser la jambe jusque par terre, comment faire Yoko-Geri et sans rentrer Yoko-Geri comment enchaîner avec Mawashi-Geri. Ensuite il nous dit: "je vais maintenant vous montrer comment nous le faisons habituellement" et il fit les trois coups de pied si rapidement et si puissamment que je me souviens encore d'avoir vu la lumière blanche du pantalon de son karategi et entendu un bruit sec comme celui d'un fouet. Nous en sommes tous restés très impressionnés. Quand nos Seniors nous enseignaient les Katas, ils nous racontaient que lorsque Funakoshi Yoshitaka démontrait un kata, ceux qui le voyaient percevaient une sensation spéciale, la terrible impression d'un danger imminent. Et ils nous disaient que c'était comme ça qu'il faillait faire les katas de telle sorte que ceux qui les observent perçoivent et remarquent quelque chose, sentent la vibration de notre force intérieure et de notre détermination. Si ceux qui nous observent ne sentent rien, c'est que le kata n'est pas bien fait, c'est un kata du type "gymnastique ou danse".

À partir de 1940, l'entraînement était devenu extrêmement difficile au Shōtōkan. Yoshitaka était maintenant chef instructeur assisté d' Hironishi, Uemura et Hyashi. Le contexte de la seconde Guerre Mondiale ne favorisait guère les recherches spirituelles. Un certain nombre de dojos servaient à l'entraînement des kamikazes et certains officiers et responsables de la redoutable Kempetai, équivalent de la gestapo. Murakami Tetsuji et Kase Taiji ont d'ailleurs commencé à pratiquer le karate dans ce contexte guerrier de 1944-1945... Funakoshi Gichin rentre en conflit avec son fils car il n'est plus du tout d'accord avec la tournure que prend le Karate. Dès 1945, à l'âge de 77 ans, il décide de retourner à Okinawa et rejoindre ainsi sa femme, laissant à son fils le dōjō Shōtōkan du quartier de Meijuro à Tōkyō.

En 1945, peu après la fin de la guerre, suite aux privations sa santé se dégrade, Sensei Yoshitaka est hospitalisé et meurt finalement de la tuberculose.